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La chronique « poétique » d’Anne-Philippe

Depuis le début de cette chronique, je souhaitais mettre en scène le poème qui pour moi surpasse tous les autres : « Mon rêve familier » de Paul Verlaine.

Pourquoi je l’aime tant ? Il est beau, il est parlant, il sonne juste.

C’est une rêverie atemporelle où se mêlent amour, compréhension, bonheur et mélancolie.

Le poète parvient à s’échapper de la réalité par le rêve et trouve ainsi refuge auprès de la femme qui apparaît dans son « rêve familier » et qui le console de la perte des êtres aimés dans la vie réelle.

À lire à haute voix et à écouter pour le plaisir de la rime !

Anne-Philippe, formatrice ISP

 

Mon rêve familier de Paul Verlaine

 

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l’ignore.
Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

 

 

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